[Portrait Alumni-Docteurs UL] Alexis Rusinek, un parcours unique et riche en expériences

Publié le May 30, 2023

Le réseau Alumni docteurs de l’Université de Lorraine vous présente Alexis Rusinek, un alumni docteur en science des matériaux. Il partage avec nous les étapes de son parcours. Découvrez cette interview avec Alexis Rusinek. Pour en savoir plus sur ses compétences, connectez-vous sur l’annuaire des Alumni !

 

Bonjour Alexis, vous avez obtenu votre thèse en 2000, avant la fusion et création de l’Université de Lorraine.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours universitaire et ce qui vous amener à préparer une thèse ?

 

Il est vrai que mon cursus a débuté à l’université de Metz en 1992, puis à l’université Paul Verlaine de Metz et enfin à l’Université de Lorraine suite à la fusion de Metz et Nancy. J’ai tout d’abord obtenu un DEUG (diplôme d'études universitaires générales) mention A (Mathématiques) puis je me suis orienté vers une nouvelle filière proposée par le Prof. Alains Molinari et le Prof. M. Berveiller dont les spécialités étaient la physique des matériaux, la mécanique et les sciences en général. En fin d’année de maîtrise, j’ai passé divers concours et obtenu celui de l’ENSMM (École nationale supérieure de mécanique et des microtechniques). Je n’ai pas intégré l’école à la rentrée suivante car je devais réaliser mon service militaire non loin de Metz, à la Base Aérienne 128 de Frescaty après un passage à Dijon pour les classes.

J’étais donc en contact régulier avec mes professeurs, notamment le Prof. Janusz Klepaczko, le Prof. Laszlo Toth et le Dr. Serge Cadet. A force de rencontres et d’échanges, j’ai été persuadé que je devais revenir à l’Université de Lorraine pour y préparer une thèse de Doctorat sous la direction du Prof. Janusz Klepaczko. Le sujet proposé était très intéressant car il était nouveau pour moi et en lien avec le comportement dynamique des matériaux. De plus, le sujet mettait en avant des choses singulières notamment au niveau expérimental, des lois de comportement et était en lien avec le milieu industriel.

J’ai donc libéré ma place d’élève ingénieur à l’ENSMM pour revenir à l’université de Metz en 1996 et y passer un DEA MMSP (Mécanique, Matériaux, Structures et Procédés). A l’obtention de mon DEA en 1997 et d’une bourse ministérielle, j’ai réalisé une thèse de doctorat sous la direction du Prof. Janusz Klepaczko, Directeur de Recherche au CNRS. A son départ à la retraite et après quelques années d’apprentissage, il m’a transmis son laboratoire et son équipe de recherche que je dirige jusqu’à aujourd’hui.

Je dirais en conclusion que les choix sont souvent liés à des rencontres, à des évènements et au fait que des personnes croient en vous et vous donnent un jour une chance. Depuis toujours, j’essaie de reproduire ce schéma de vie et tente d’aider comme je le peux les nouvelles générations.

L’autre signe est peut-être que l’université de Metz a été crée en 1971 et que cette année correspondant aussi à ma date de naissance. Depuis mon arrivée dans cet établissement en 1992, je ne l’ai jamais quitté.

 

De maître de conférences, en passant par des postes de : conseiller municipal, coéditeur, directeur de laboratoire, réserviste, professeur des universités et enfin un poste à l’ambassade de France en Hongrie.

Vous avez acquis diverses expériences en 21 ans de carrière. Comment arrive-t-on à un tel parcours ?

 

La vie de chercheur est riche et il est possible de faire carrière uniquement dans l’enseignement et la recherche. Pour ma part, j’ai fait le choix de diversifier mes activités, pour apprendre des choses certainement par envie d’être un étudiant permanent mais aussi pour apporter mon savoir et le transférer vers d’autres structures. Toutes ces expériences m’ont grandies car j’ai côtoyé dans mes nombreuses fonctions, diverses personnes, divers profils. De plus, les problématiques que j’ai rencontré via mes expériences ne sont pas les mêmes et les importances ne sont pas hiérarchisées de la même façon.

Si je reviens sur mon poste de conseiller municipal, j’ai trouvé ces deux mandats très riches dans le sens où nous travaillons pour une collectivité et pour le bien des personnes. En effet, nous sommes confrontés à une population variée avec des demandes précises, la population est composée de personnes très jeunes, sans oublier nos seniors. J’ai donc rencontré des personnes variées au sein de mon village avec qui j’ai échangé, écouté les problèmes ou les satisfactions suite aux actions du conseil municipal. Cette mission était aussi enrichissante car nous débâtions de divers sujets liés au fonctionnement d’une commune, les travaux, la sécurité, les investissements … et lors des votes, nous étions responsables des conséquences. Je trouve qu’un mandat local donne une certaine maturité car il implique lors des choix le futur d’une commune pour quelques années.

Concernant mon engagement comme colonel de la réserve, ce dernier s’est fait tout naturellement car je cherchais à mettre en avant mes activités de recherche fortement tournées autours du monde militaire. Lorsque j’ai découvert qu’il existait au sein de la réserve militaire des groupes de travail sur le lien nation-armée, j’ai tout de suite déposé ma candidature. A ce jour, je suis impliqué sur deux thèmes en lien avec l’enseignement supérieur et la recherche, le premier sur la recherche et les innovations et le second en lien avec la jeunesse, l’éducation et l’enseignement supérieur.

Ma dernière modification de trajectoire de professeur des universités s’est faite en 2021 où je suis devenu l’attaché de coopération scientifique, universitaire et technologique de l’ambassade de France à Budapest. Ce choix provient d’une part de rencontres récurrentes avec mes homologues successifs à l’ambassade de France à Varsovie et d’un constat plus local au sein de mon établissement et suite à mon implication dans les relations internationales de l’université de Lorraine, mais aussi de l’ENIM. En effet, avant mon départ, j’avais observé une diminution des Erasmus dans nos formations et la difficulté à resigner des accords ERASMUS pour des raisons de déséquilibre budgétaire mis en avant par nos partenaires. En me basant sur ce constat de l’attractivité, j’ai décidé de dédier quelques années à l’attractivité de l’enseignement supérieur français à l’international par son enseignement et sa recherche. J’ai donc mis à profit mes connaissances du monde académique au sein de l’ambassade de France et de l’Institut Français de Budapest. Ce travail intense m’a donné de nombreuses réponses à mes questions et j’espère pouvoir les utiliser au sein de mon établissement, l’Université de Lorraine à mon retour.

J’ai également, à partir de mon poste, œuvré pour mon établissement en faisant découvrir en Hongrie notre savoir-faire. Je pense par exemple au BUT de Chimie de Saint Avold, au BUT de Metz en Génie Mécanique, l’Université de Lorraine et l’UFR MIM, mais aussi la recherche dans le domaine des matériaux avec le LEM3 ; où deux chercheurs interviennent régulièrement à l’Université de Miskolc en Hongrie dans le domaine des polymères, de la logistique et de la robotique et où deux étudiants de thèse en Hongrie, sont venus en séjour dans des laboratoires de recherche à Metz. Je pense que l’université de Lorraine est visible sur les ambassades d’Autriche, de Slovaquie, de Tchéquie, de Pologne et de Hongrie. J’espère que mon établissement sera présent au salon Educatio de Budapest en janvier 2024 sur le pavillon français car les étudiants hongrois et les établissements universitaires et de recherche sont très ouverts à la coopération avec la France.

En conclusion, toutes ces expériences avaient pour but d’apprendre des choses nouvelles, ne pas aller vers une monotonie et une lassitude. Mon but était également de partager mes expériences françaises et internationales et dans un cercle plus restreint d’en faire profiter mes collaborateurs. Ma carrière internationale a été possible en partie car j’avais toujours autour de moi des collaborateurs dévoués, sérieux, en qui j’avais confiance et qui avaient confiance en moi.

 

Aujourd’hui que faites-vous ?

 

Aujourd’hui, je suis l’Attaché de Coopération Scientifique, Universitaire et Technologique de l’Ambassade de France à Budapest et de l’Institut Français. En septembre 2023 je reprends mes fonctions à l’Université de Lorraine comme professeur au sein de l’UFR MIM et au LEM3 pour ma recherche. J’espère que je pourrais participer prochainement à la vie de mon institution notamment dans le domaine des relations internationales et de la promotion de nos savoirs. 

 

Pourquoi avoir rejoint le réseau Alumni Docteurs de l’Université de Lorraine ?

 

L’optique est toujours la même depuis des années, aider et partager. Je rencontre souvent des doctorants et parfois ils sont inquiets sur leur avenir. Je tente souvent de les rassurer, de leur expliquer mon cursus, de les aider via des mises en relation et de les orienter après la thèse et parfois avant le début du doctorat. Je leur parle en toute franchise, c’est ma nature, parfois on me le reproche mais je pense qu’il faut avoir un discours sincère envers les jeunes car nous parlons de l’avenir d’une personne. Sur l’ensemble de mes doctorants, une vingtaine à ce jour, tous et toutes ont trouvé un emploi avec mon aide très souvent et je souhaite vraiment mettre à profit mes relations au niveau national et international. C’est pour cette raison, que j’ai décidé d’aider nos diplômés et d’intégrer depuis quelques années le réseau Alumni Docteurs de l’Université de Lorraine et de participer, d’ailleurs en tant que mentor à la prochaine session du mentorat.

 

Nous remercions Alexis Rusinek pour avoir partagé avec nous son parcours, n’hésitez pas à le soutenir pour son retour au sein de l'UL, en partageant cet article ! Likez et commentez juste en bas !