[PORTRAIT] Découvrez Thibaud Sauvageon médiateur scientifique

Publié le June 3, 2022

Le réseau alumni a choisi de faire de portrait de Thibaud Sauvageon ! Docteur diplômé en 2017 qui a a fait une thèse sciences du bois et des fibres. Il a accepté de répondre à nos questions.

Bonjour Thibaud, pouvez-vous nous dire quel chemin vous as mené vers l’Université de Lorraine ?

J'ai fait mon école d'ingénieur à l'ENSTIB car je voulais faire de la chimie et que la chimie avec la biomasse me plaisait. (c'est plus sympa de travailler avec de la matière végétale que du pétrole). Et sinon pour ma thèse c'était un peu la prolongation de ces études, donc c'était plus une question d'opportunité et de goût pour le sujet qui m'était proposé

Si l’on regarde un peu votre parcours professionnel, on voit que vous avez été chercheur au Canada, puis médiateur scientifique pour l’UL pendant votre thèse. Puis Technologist adjoint chez Ikea, avant de co-fonder Science Vagabonde. Du secteur public au secteur privé. Quels bénéfices tiriez-vous de ces deux expériences ? 

Ma thèse s'est effectivement déroulée dans le secteur public, mais en collaboration avec des partenaires industriels privés. Mon début de parcours de chercheur à l'interface entre public et privé m'a ainsi permis d'observer les sciences dans différents contextes. J'ai pu voir comment la recherche publique produit des connaissances, et comment l'industrie privée se les approprie pour les appliquer sur le terrain.

2017, vous fondez Sciences Vagabonde, pour faire du journalisme scientifique. « Un média numérique créé par deux voyageurs partis à la découverte des sciences autour du monde ». Comment est née cette idée ? Et quelle conclusion vous avez aujourd’hui de ces voyages ?

Lors de ma brève expérience de chercheur, j'ai été amené à travailler dans des environnements très divers. J'ai notamment eu la chance d'effectuer des séjours de recherche de plusieurs mois au Canada et au Chili. Je m'étais alors aperçu que si les objectifs poursuivis par les chercheurs sont les mêmes, la manière de travailler et de voir la science pouvait beaucoup varier d'un endroit à l'autre.

Lorsque j'ai terminé ma thèse, Mariana Diaz, ma compagne, était également en train de terminer un Master en Journalisme et Médias Numériques. Et quoi de mieux qu'un binôme journaliste/scientifique pour aller observer sur le terrain la diversité des relations entre science et société ?

Nous avons donc créé notre site internet, https://www.sciencevagabonde.com , où nous avons publié des reportages tournés lors d'un périple d'un an et demi à travers huit pays. Nous avons aussi réalisé un long-métrage documentaire : Voyage autour des sciences.

Finalement, cette expérience atypique nous a permis d'observer les relations science/société dans toute leur diversité... Que les sciences se fassent dans des universités, des industries, des ONG ou des communautés indigènes, elles sont bel et bien un phénomène culturel dépendant d'un contexte local.

Donc après cela, vous devenez professeur en physique chimie dans un lycée, pendant un an, puis vous partez, pour faire partie d’Atorika, qui propose des activités scientifiques aux enfants et adolescents. Donc toujours proche de l’éducation des sciences chez les jeunes. Qu’est-ce qui vous a amené à travailler près des jeunes et à vouloir, encore dans ce processus de vulgarisation des sciences, à travailler pour Atorika ?

Que devons-nous mettre en œuvre pour enrayer le changement climatique ? Quelles formes d'énergie souhaitons-nous promouvoir ? Jusqu'où sommes-nous prêts à accepter les modifications génétiques d'autres espèces ou de l'humain ?... De nombreuses questions de société sont actuellement d'ordre techno-scientifique.

Pour un bon fonctionnement démocratique, la société dans son ensemble doit s'approprier les outils scientifiques permettant de débattre de ces sujets de manière pertinente. Et selon moi, l'enseignement des sciences à la jeune génération est un point clé. En tant qu'enseignant contractuel en physique-chimie dans un lycée, puis au sein de la start-up Atorika, j'ai souhaité participer à cette mission : susciter l'intérêt des jeunes pour les sciences, et leur donner des outils permettant de participer au mieux à des débats cruciaux pour l'avenir de notre société.

Enfin, aujourd’hui vous avez fondé Polymathée XR, pouvez, vous nous en parler un peu ? Comment vous en êtes venus à la réalité virtuelle pour de la médiation scientifique ?  

J'ai découvert l'univers de la réalité virtuelle lors de mon travail chez Atorika, où une partie de ma mission consistait à concevoir des contenus de médiation scientifique dans ce format innovant. J'ai alors réalisé toute la puissance de cette technologie pour la médiation des sciences. Au sein d'un environnement interactif, la réalité virtuelle (VR) permet de découvrir des sujets scientifiques en totale immersion.

Elle permet par exemple de se retrouver plongé au milieu d'un groupe de molécules, dans les profondeurs marines, ou encore au cœur d'un programme informatique... On peut ainsi matérialiser les concepts même les plus inaccessibles et abstraits, tout en permettant à l'utilisateur d'interagir avec l'environnement dans lequel il évolue.

La qualité d'apprentissage grâce à la VR est bluffante et en tant que créateur de contenus de médiation, on ne peut qu'être fasciné par ce nouveau média ! Avec Fabien Eyssartier, développeur d'applications VR et lui aussi passionné de sciences, nous avons donc décidé de nous associer pour exploiter au maximum le potentiel que représente la VR dans la médiation des sciences.

Nous proposons aujourd'hui aux chercheuses et chercheurs d'adapter leurs travaux de recherche sous forme d'applications VR à destination du grand public. Ces applications pourront ensuite être diffusées très largement grâce à nos partenaires, passeurs de science (musées scientifiques, médiathèques...).

Nous remercions Thibaud Sauvageon pour avoir partagé avec nous son parcours, n’hésitez pas à le soutenir dans la création de son entreprise, en partageant cet article ! Likez et commentez juste en bas !